Témoignages

Succès d’anciens moniteurs de langues

Yves Desrochers

C’est drôle parfois l’impact qu’a une petite décision dans notre jeunesse. Jamais je n’aurais imaginé, en graduant du secondaire, que j’œuvrerais dans le domaine de l’éducation. Et pourtant…

Alors que j’étais étudiant universitaire (et à court d’argent) on m’a suggéré de faire demande pour un poste de moniteur de langues. N’ayant pas trop recherché ce que ça mangeait en hiver un moniteur, je me suis présenté à l’entrevue et ai répondu aux questions tant bien que mal. Malgré tout, on m’a offert le poste. Quelle chance!

J’ai été moniteur au niveau 7e-8e année et puis au palier secondaire. Je peux vous dire que ce n’était pas toujours facile de transiger avec le personnel enseignant qui ne savait malheureusement pas toujours que faire d’un moniteur et avec des élèves qui n’aimaient pas nécessairement les activités orales que je leur proposais. Néanmoins, pour moi, j’avais reçu la piqûre! J’adorais travailler dans le milieu scolaire et surtout travailler avec les jeunes!

Dès lors, je me suis complètement investi dans ce monde. J’ai animé des camps scolaires en immersion, j’ai enseigné des cours du soir aux adultes, j’ai travaillé dans des camps d’été,… Bref, j’ai complètement changé mon orientation de carrière. Finies les heures interminables dans le monde du secteur des finances internationales! Bienvenue aux jours de joie dans le monde (pas toujours facile) de l’enseignement! Par la suite, j’ai enseigné de la maternelle à la 8e année, j’ai été conseiller pédagogique et j’ai eu l’occasion d’animer des ateliers un peu partout en Ontario, au Québec ainsi qu’en Europe. Je suis devenu directeur d’école tout d’abord à l’élémentaire et puis au secondaire pour finalement avoir été nommé agent d’éducation au ministère de l’Éducation. (Qu’est-ce que ça mange en hiver un agent d’éducation vous demanderez peut-être? À vous de découvrir…) Et pendant mes 20 ans de carrière officielle en éducation, le programme de moniteurs a toujours su en faire partie : en tant qu’enseignant ayant reçu une monitrice dans ma salle de classe, responsable local du programme pour mon conseil scolaire en plus d’animateurs de sessions de formation des monitrices et moniteurs.

Quel beau parcours vous direz? Eh oui, mais sans aucun doute, je ne serais ici si ce n’était pas de l’engagement que j’ai pris alors que je n’avais que 21 ans.

Merci au programme des moniteurs qui m’a ouvert bien des portes!

 

Jacinthe Leclerc

Ma vie a pris une envolée grâce au programme des moniteurs!

Après avoir terminé mon baccalauréat en psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, je voulais prendre une pause des études et apprendre l’anglais. Je me suis donc inscrite au programme Odyssée. En août 1986, au volant de ma Renault 5, avec mes quelques possessions d’alors, je me suis retrouvée sur la longue 401 pour me rendre à Mississauga où j’avais loué une chambre. J’ai été assignée au conseil scolaire de Dufferin-Peel dans deux écoles à Mississauga et une à Bolton dans des classes d’immersion de 5e et 6e années. À l’école de Bolton, j’ai travaillé sur une pièce de théâtre avec les élèves. En plus d’apprendre les textes, ils devaient faire les décors et les costumes et nous avons enregistré la pièce sur vidéo.

Mon salaire de monitrice pour l’année 1986-1987 était de 8 000 $. Je gardais aussi des enfants après l’école. Pour moi, c’était la manne!!

J’avais la chance d’avoir mon frère qui vivait au centre-ville de Toronto et je le visitais régulièrement; j’en profitais pour découvrir cette belle grande ville. Originaire de St-Basile de Portneuf, petit village situé à l’ouest de Québec, Toronto était pour moi une immense ville aux mille possibilités. En plus de tomber amoureuse de Toronto, j’ai fait la connaissance de celui qui allait devenir mon époux et le père de mes deux fils. Je n’aurais jamais pensé à cette époque que nous passerions plus de 25 ans de notre vie ensemble.

J’ai eu mon premier poste parce que j’étais bilingue. Pendant toutes ces années au sein de la fonction publique ontarienne, j’ai toujours travaillé pour les intérêts des francophones et j’en suis fière. Paradoxalement, le fait d’apprendre l’anglais m’a fait découvrir et aimer davantage ma langue maternelle et ma culture d’origine. Mes deux fils vivent dans les deux langues, mais ont toujours fréquenté une école de langue française.

Voici, en quelques lignes, un parcours de plusieurs années ayant comme point de départ le programme de moniteurs de langue. Bonne chance!

Jean-Gilles Pelletier

Je travaille à titre de directeur général du Commissariat aux langues officielles du gouvernement de l'Ontario depuis janvier 2016.

Auparavant, j'ai travaillé à la Fondation Trillium de l’Ontario à titre de Vice-président, Investissements communautaires, depuis le 1er avril 2014. La Fondation Trillium de l’Ontario (FTO) est un organisme du gouvernement de l’Ontario et la plus importante fondation subventionnaire au Canada.

À la FTO, mon portefeuille annuel s'élevait à environ 80 millions de dollars, investi dans les arts et la culture, les sports et les loisirs, les services sociaux et les initiatives environnementales.

J’ai aussi travaillé au Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) [CMEC] de mai 2008 à mars 2014, à titre de Directeur, Administration et langues officielles. C’est avec grande émotion que j’ai accepté ce poste, car les programmes de langues officielles gérés par le CMEC ont eu une place importante dans ma vie.

En effet, j’habite Toronto depuis 1988, et j’y suis venu pour perfectionner mon anglais et pour retrouver ma conjointe à l'époque, originaire de Toronto. Nous nous sommes rencontrés à Québec, et j’ai vite appris que sa connaissance du français était grandement due à sa participation au programme Explore à deux reprises, soit en 1982 à Québec et en 1986 à Trois-Rivières. Elle a tellement adoré son expérience qu’elle est devenue enseignante, et enseigne le français intensif en 8e année à Toronto depuis 1992. J'ai deux enfants qui sont nés et qui grandissent en français ici.

Quant à moi, j’ai eu la chance de participer au programme Accent, le programme de moniteur à temps partiel, deux fois, soit en 1984-1985, à Burnaby, en Colombie-Britannique, et en 1988-1989, à Scarborough, un quartier de Toronto. J’ai grandement appris sur le Canada et sur moi même pendant ces deux années formatrices. En fait ma carrière s’est par la suite associée à mon amour du français et à ma capacité de maîtriser les deux langues officielles.

J’ai eu la chance de poursuivre mes études en sociologie et sciences politiques à l’Université Simon Fraser à Vancouver, à l’Université Laval à Québec, et à l’Université de Toronto.

J’ai œuvré pendant une dizaine d’années au gouvernement de l’Ontario, à l’Office des affaires francophones, et au ministère des Finances. J’ai quitté la fonction publique en 1997 pour devenir Directeur général du Centre francophone de Toronto, un centre multiservice francophone à Toronto. J’y ai passé plus de 10 ans lors desquelles j’ai eu la chance de mener une fusion avec le Centre médico-social communautaire et de faire croître la gamme de services en français offerts à Toronto. Au CMEC, je ne cesse de m’émerveiller devant les succès des programmes Explore et Odyssée, qui permettent chaque année à des milliers de Canadiens de perfectionner leur seconde langue officielle.

En fait, tout dernièrement, je me suis retrouvé avec une centaine d’aides-enseignants lors d’un stage de formation et je n’ai pu que constater leur incroyable énergie et enthousiasme contagieux pour partager leurs réalités culturelles et faire apprécier leur langue. Votre présence est incroyablement appréciée des conseils scolaires où vous œuvrez et des jeunes auprès de qui vous intervenez. Je tiens donc à vous remercier tous et toutes, de faire partie de cette histoire en devenir formidable qu’est le programme Odyssée.

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